Le moustique tigre, repéré pour la première fois en France à Menton à l’été 2004, colonisait déjà 51 départements en 2019 selon Que Choisir. Pour s’en protéger chez soi, on cherche volontiers une recette maison. La réponse des organismes de référence est nette : la plupart de ces recettes ne protègent pas, et les gestes qui comptent sont d’abord mécaniques.
Que valent vraiment les remèdes maison ?
Le géranium, la citronnelle, le thym, le basilic, la lavande et la verveine sont réputés éloigner les moustiques. Elles sentent bon, mais même posées sur un rebord de fenêtre, elles n’arrêtent pas une femelle en quête de sang, d’après les tests de Que Choisir.
Même constat pour les bougies à la citronnelle, les plaquettes et les flacons d’huiles essentielles, à l’exception, selon Que Choisir, de l’eucalyptus citronné (citriodiol), dont l’efficacité varie beaucoup selon la formulation. L’Anses va plus loin : l’efficacité et l’innocuité des répulsifs à base d’huiles essentielles ne peuvent pas être garanties, et certaines huiles peuvent irriter la peau, provoquer des allergies ou, au soleil, de graves brûlures.
| Solution | Verdict | Ce qu’en disent les sources |
|---|---|---|
| Plantes sur le rebord de fenêtre | Inefficace | N’arrêtent pas une femelle en quête de sang |
| Huiles essentielles, bougies | Non garanti | Efficacité et sécurité non garanties par l’Anses ; irritations possibles |
| Appareils à ultrasons | Inefficace | Dispositifs testés par Que Choisir sans effet |
| Lampes à ultraviolets | Inefficace | Tuent d’autres insectes, peu les moustiques tigres, qui piquent avant la nuit |
| Bracelets antimoustiques | Inefficace | Tests concordants : aucun effet sur les moustiques |
| Pièges | Partiel | Seuls ceux à CO2 et à odeur imitant l’humain réduisent la population, sans éviter les piqûres |

Vider les gîtes avant toute chose
L’Anses place en premier la suppression des lieux de ponte : toute eau stagnante, par exemple dans les soucoupes de plantes, les réserves d’eau qu’on couvre, les gouttières qu’on débouche. Que Choisir rappelle qu’un fond d’eau suffit, même un bouchon de bouteille ou un fruit tombé après la pluie. Une femelle y dépose une centaine d’œufs.
- Videz les coupelles, dessous de pots, vases et récipients au moins une fois par semaine, puis nettoyez-les pour éliminer les larves.
- Retournez l’arrosoir, le seau et les récipients inutilisés.
- Couvrez les bacs récupérateurs d’eau de pluie d’un voile à mailles fines.
- Rentrez bâches, pied de parasol, brouette et jouets, jetez les vieux pneus.
- Bâchez ou chlorez régulièrement une piscine rarement utilisée, et vérifiez gouttières et rigoles.
- Mettez des poissons rouges dans un bassin : ils mangent les larves.

Pour les sous-pots trop lourds à soulever, un peu de sable évite que l’eau stagne. Arrosez aussi sans excès, pour ne pas créer de poches d’eau.
Protéger l’intérieur : moustiquaires, air et froid
La moustiquaire est la meilleure protection des tout-petits, en poussette comme au lit. Elle protège même sans insecticide, d’après l’Anses. Fixée aux fenêtres des chambres ou au-dessus des lits, elle permet de dormir fenêtre ouverte, à condition que la peau ne touche pas le tissu, car les moustiques piquent à travers.
Un ventilateur devant une fenêtre ou autour de la table, le temps d’un dîner, éloigne les insectes, qui n’aiment pas l’air en mouvement. Le moustique tigre déteste aussi le froid, mais un intérieur très frais en plein été reste difficile à tenir.
Les insecticides en bombe ou en diffuseur sont des biocides : lisez l’étiquette, aérez et tenez-les à l’écart des enfants ; un pharmacien peut vous dire lequel convient à votre situation.
Bien poser et entretenir sa moustiquaire
Une moustiquaire ne protège que si elle est en bon état, sans déchirure, et correctement utilisée : bordée sous le matelas ou touchant le sol. Pour un berceau ou une poussette, elle protège même sans insecticide, rappelle l’Anses, qui la place avec les vêtements couvrants avant tout répulsif cutané.
On trouve en pharmacie des moustiquaires déjà imprégnées d’insecticide, mais une moustiquaire simple, bien posée, remplit déjà son rôle de barrière.
Inspectez le tissu à chaque pose : un trou de la taille d’un doigt suffit à laisser entrer un moustique. Et gardez en tête que la moustiquaire reste le geste de chambre le plus simple : elle ne demande ni produit ni réglage, seulement un montage soigné.
Les gadgets passés au crible
Le moustique tigre est un excellent filon commercial, prévient Que Choisir, et on se fait souvent berner. Les raquettes électriques tuent bien l’insecte, mais il faut le stopper en plein vol avant la piqûre, ce qui reste très improbable.
Les nichoirs à chauves-souris ne règlent pas non plus le problème : la chauve-souris chasse la nuit, alors que le moustique tigre pique le jour, et les moustiques n’aiment pas la lumière près de laquelle elle se poste. Même un piège à CO2 ne fait que réduire la population sans éviter les piqûres.
L’Anses déconseille de son côté les appareils à ultrasons et les papiers collants sans insecticide, dont l’efficacité ne peut pas être garantie. Un produit inefficace ne protège pas, et dans certaines zones il expose à des virus transmis par les moustiques.
Quand utiliser un répulsif cutané autorisé ?
Quand les protections physiques ne suffisent pas, par exemple en promenade dans une zone très infestée ou par forte chaleur où l’on ne peut pas se couvrir, un répulsif sur la peau peut devenir nécessaire. L’Anses précise qu’il se limite à ces situations, car les substances actives peuvent être toxiques si les consignes ne sont pas suivies.
Les produits contenant du DEET, de l’IR3535 ou de l’icaridine, avec une autorisation de mise sur le marché, peuvent être considérés comme efficaces et sûrs par l’Anses, à condition de suivre l’étiquette. L’avis cité ici ne mentionne pas le citriodiol : pour ce dernier comme pour tout autre produit, fiez-vous à l’étiquette et au conseil du pharmacien. Le numéro d’autorisation figure sur l’étiquette, sous la forme FR-2026-0150 par exemple, pour la 150e autorisation de 2026. L’agence recommande d’acheter ces produits en pharmacie plutôt qu’en ligne.
Un répulsif adapté aux enfants porte sur l’étiquette la tranche d’âge, la dose, le nombre maximal d’applications par jour et la durée de protection. Pour l’Europe, vérifiez la mention « zone tempérée ».

L’âge minimal d’emploi dépend de chaque produit et figure sur son étiquette : l’Anses précise que certains répulsifs ne sont pas autorisés avant 2 ans. Pour un bébé, une femme enceinte ou allaitante, ou une personne qui prend un traitement, demandez l’avis d’un pharmacien ou d’un médecin avant tout répulsif, plutôt que de choisir seul.
Appliquer un répulsif sans erreur
Chez l’enfant de moins de 12 ans, l’application revient toujours à un adulte. On n’applique jamais le produit sur une peau irritée ou abîmée, ni près des yeux ou de la bouche, ni sur les mains d’un jeune enfant, qui les portera au visage.
Avec un spray, on ne pulvérise pas directement sur la peau : on verse d’abord le produit dans les mains de l’adulte, puis on l’étale sur les zones à protéger. Si l’on utilise aussi une crème solaire, elle passe en premier et on attend au moins 20 minutes avant le répulsif ; sur ce point, voyez nos repères sur la crème solaire et le bronzage.
Le produit s’applique sur toutes les parties découvertes du corps, visage compris, et sur celles qui peuvent se découvrir à l’occasion d’un mouvement, comme les poignets quand on lève le bras ou le bas du dos quand on se penche. Ces produits peuvent être toxiques s’ils sont ingérés : on évite tout contact avec la bouche et les yeux, et on se lave les mains après l’application.
Rangez le flacon hors de portée des enfants, comme n’importe quel produit biocide. Au moindre doute sur un produit, demandez conseil à votre pharmacien plutôt que d’improviser un mélange.
La durée de protection est indiquée sur l’étiquette. Après la baignade, on renouvelle seulement si la protection reste nécessaire, sans dépasser le nombre maximal d’applications par jour.
Un planning de la semaine pour rester tranquille
La lutte contre les moustiques est une affaire de régularité plus que d’effort. Voici un rythme simple, construit à partir des consignes de Que Choisir et de l’Anses.
| Fréquence | Geste | Pourquoi |
|---|---|---|
| Une fois par semaine | Vider et nettoyer coupelles, vases, récipients | Éliminer les larves avant qu’elles deviennent adultes |
| Après chaque pluie | Retourner arrosoir, seau, bouchons, bâches | Un fond d’eau suffit à la ponte |
| Chaque soir | Fermer les fenêtres sans moustiquaire en fin de journée | Le moustique tigre pique avant la nuit |
| À chaque sortie à risque | Vêtements clairs et couvrants, répulsif autorisé si besoin | Durée de protection indiquée sur l’étiquette |
| Au début de la belle saison | Contrôler gouttières, bassin, piscine, moustiquaires | Éviter les points d’eau stagnante et les trous |
Ce planning prend moins de dix minutes par semaine pour un balcon ou une petite terrasse. Il pèse bien plus sur la population de moustiques que n’importe quel flacon acheté ou mélangé à la maison.
Se protéger aux heures où le moustique tigre pique
Le moustique tigre pique le jour, tôt le matin et surtout en fin de journée, avant la tombée de la nuit. À ces heures, portez des vêtements clairs, amples et couvrants : les couleurs sombres retiennent la chaleur, à laquelle l’insecte est sensible.
Les moustiques ont un odorat très développé et aiment l’odeur de la transpiration : douchez-vous après un effort. En revanche, il est inutile de se parfumer ensuite, cela les attire. Pour savoir si une piqûre vient bien d’un moustique tigre, lisez moustique tigre ou moustique normal : 4 signes pour trancher.
Les piqûres de jardin ne viennent pas toujours des moustiques : les boutons d’aoûtat et la morsure de tique demandent d’autres réflexes.
Quand consulter après une piqûre ?
La plupart des piqûres se résument à une démangeaison passagère ; nos conseils pour soulager, surveiller et consulter après une piqûre de moustique tigre détaillent les signes à surveiller. Certains moustiques peuvent transmettre des virus responsables de la dengue, du chikungunya ou du Zika, rappelle l’Anses.
Après un voyage en zone tropicale, toute fièvre doit être considérée comme un possible accès de paludisme et impose de consulter en urgence, rappelle l’Institut Pasteur. En cas de symptôme inhabituel, de fièvre ou d’une réaction qui s’étend, voyez un médecin plutôt que d’essayer une recette.
Questions fréquentes
Un répulsif fait maison peut-il remplacer un produit du commerce ?
Non. Les plantes, bougies et huiles essentielles n’ont pas démontré d’efficacité fiable, et l’Anses ne peut garantir leur innocuité. Seuls les produits autorisés sont évalués.
Les bracelets antimoustiques protègent-ils les enfants ?
Non. Les tests de Que Choisir concluent qu’ils n’impressionnent pas les moustiques, et l’Anses déconseille fortement les bracelets à base d’huiles essentielles pour les enfants.
Un ventilateur suffit-il pour dîner dehors ?
Il aide, car l’air en mouvement gêne les moustiques. Plusieurs ventilateurs placés autour de la table, le temps du repas, sont plus efficaces qu’un seul.
Faut-il se parfumer le soir ?
Mieux vaut éviter : le parfum après la douche attire les moustiques, qui repèrent aussi l’odeur de la transpiration.
Où acheter un répulsif cutané ?
En pharmacie ou en droguerie de préférence, selon l’Anses, qui déconseille l’achat en ligne. Repérez le numéro d’autorisation sur l’étiquette.
Combien de temps protège un répulsif ?
La durée figure sur l’étiquette du produit, avec le nombre maximal d’applications par jour. Après un bain, on renouvelle seulement si la protection reste nécessaire, sans dépasser ce maximum.
Avant le prochain dîner en terrasse, faites le tour de votre jardin et de votre balcon : chaque coupelle vidée retire des dizaines de futurs moustiques. Posez ensuite la moustiquaire de la chambre et gardez un répulsif autorisé pour les sorties. Une question sur un produit précis ? Votre pharmacien est là pour y répondre.
Pharmacienne d'officine sur le golfe de Saint-Tropez, elle tient ce magazine de santé grand public. La rédaction