Les boutons d’aoûtat sont de petites papules rouges, groupées, qui démangent fortement dans les 24 heures suivant une promenade en herbe haute. Ils se concentrent là où les vêtements serrent : chevilles, creux des genoux, ceinture. Le coupable est une larve de 0,3 mm environ, pas un insecte. Une douche au retour, des gestes apaisants et l’interdiction de gratter suffisent le plus souvent.
Vous rentrez d’une promenade sur le sentier du littoral, ou d’une après-midi dans le jardin, et le soir les chevilles brûlent. Le lendemain, un semis de boutons rouges s’est installé autour de la ceinture. Il s’agit presque toujours de l’aoûtat, très répandu de la fin de l’été à l’automne, y compris sur la côte varoise.
Qui est l’aoûtat
Le nom désigne la larve d’un acarien, le trombidion. À ce stade, elle mesure environ 0,3 mm et affiche une couleur orange vif, à peine visible à l’œil nu. Les adultes vivent dans le sol et ne piquent pas.
La larve se cache dans les herbes et les feuilles mortes. Au passage d’un animal ou d’une jambe, elle grimpe et cherche un endroit où la peau est fine ou comprimée. Elle ne suce pas le sang. Elle injecte une salive qui dissout les cellules de la peau, dont elle se nourrit, et c’est cette salive qui déclenche la réaction.
Point rassurant : l’aoûtat ne transmet pas de maladie en France et ne s’enfonce pas sous la peau. Il est parti depuis longtemps quand les boutons apparaissent.
Reconnaître les boutons
La démangeaison démarre quelques heures après l’exposition et atteint son maximum entre 24 et 48 heures. Elle s’accompagne de petits boutons rouges, parfois surmontés d’une minuscule cloque.
- Des boutons nombreux, regroupés, rarement isolés.
- Une localisation sous les élastiques : chaussettes, ceinture, bretelles, sous-vêtements.
- Une démangeaison nettement plus forte que l’aspect de la peau ne le laisse penser.
- Une disparition en une à deux semaines si l’on évite de gratter.

Aoûtat, puce, moustique ou punaise : comment les distinguer
Le même tableau de boutons rouges peut venir de quatre origines. Le lieu, l’heure et la forme permettent de trancher.

| Indice | Aoûtat | Moustique | Punaise de lit |
|---|---|---|---|
| Moment de la piqûre | En promenade, jour | Soir et nuit | Nuit, dans le lit |
| Zone touchée | Chevilles, taille | Zones découvertes | Visage, bras, épaules |
| Disposition | Groupés | Isolés | Alignés par trois |
| Durée habituelle | 1 à 2 semaines | 1 à 3 jours | Plusieurs jours |
Pour le moustique tigre, qui pique en plein jour, lisez l’article sur la piqûre de moustique tigre. Les boutons liés à la chaleur ont leur propre fiche : bouton de chaleur.
Où et quand on l’attrape sur la côte
Le nom vient du mois d’août, où les larves sont les plus nombreuses, mais la période s’étend en général de juillet à octobre. Elles apprécient les herbes hautes, les talus, les sous-bois de pins, les haies et les pelouses non tondues.
Sur le littoral méditerranéen, les promenades en pinède, les bords de chemin ou les jardins avec pelouse donnent les rencontres les plus fréquentes. Le sable nu de la plage en revanche est rarement concerné. Les larves recherchent un abri humide et ombragé, pas un sol brûlant.
Pourquoi ça démange autant
La larve fixe ses pièces buccales sur la peau et y injecte des enzymes qui liquéfient les cellules voisines. Le corps réagit à ces protéines étrangères par une réaction inflammatoire locale : rougeur, papule, démangeaison. Elle se détache en général au bout de quelques jours, ce qui explique que le bouton soit déjà formé quand on le remarque.
La sensibilité varie d’une personne à l’autre. Deux promeneurs sur le même chemin peuvent avoir l’un vingt boutons, l’autre aucun. Les personnes sujettes aux allergies, aux piqûres d’insectes ou à l’eczéma réagissent souvent plus fort.
Les gestes dans les premières 48 heures
Plus l’on agit tôt, plus la réaction reste limitée. Les larves peuvent encore être sur la peau dans les heures qui suivent la promenade.

- Prendre une douche dès le retour, à l’eau et au savon, en frottant les zones à risque avec un gant.
- Laver les vêtements portés pendant la promenade, à 60 °C si le tissu le permet.
- Désinfecter les boutons avec un antiseptique doux, sans alcool pur sur peau irritée.
- Calmer avec une crème apaisante, après avis du pharmacien.
- Couper les ongles courts, surtout chez l’enfant, pour limiter les dégâts du grattage.
Ce que l’on peut appliquer
Les produits servent à calmer, pas à « tuer » l’aoûtat, déjà parti. Votre pharmacien peut proposer :
- un gel ou une crème apaisante après la douche, à appliquer plusieurs fois par jour ;
- un antihistaminique par voie orale en cas de démangeaisons très fortes ; il atténue surtout la démangeaison, pas la lésion ;
- une crème à la cortisone de faible dose, sur quelques jours seulement, réservée à un usage court et encadré.
Un gel froid soulage aussi, par simple effet frais, sans traiter la cause. Les demandes d’avis au comptoir sont fréquentes en fin d’été : n’hésitez pas à décrire l’âge, la zone et le moment d’apparition.
Chez le jeune enfant, ne posez pas de crème à la cortisone sans avis, ni de produit à base d’huiles essentielles. Une peau fine absorbe plus que celle d’un adulte.
Les erreurs qui prolongent les démangeaisons
Certaines habitudes entretiennent la lésion.
Gratter d’abord : la peau s’écorche, la plaie s’infecte et la guérison double de durée. Appliquer ensuite du vernis à ongles, du citron ou de l’alcool sur les boutons, des remèdes qui irritent sans rien détruire, puisque l’aoûtat n’est plus là. Enfin, attendre trois jours pour se laver : plus la larve reste en contact, plus la réaction s’étend.
Autre piège, les bains de soleil sur peau irritée. Une lésion exposée peut laisser une tache brune durable ; protégez-la avec un vêtement ou un indice élevé, selon la page sur le coup de soleil.
Chez l’enfant et chez l’animal : adapter les gestes
Chez le petit, la démangeaison perturbe le sommeil et le grattage est presque inévitable. Une douche tiède, des ongles très courts, des vêtements amples en coton et, la nuit, des mitaines si besoin limitent les lésions. Un pansement léger sur une zone très grattée évite la surinfection.
Pour le chien ou le chat, une brosse à poils fins et un rinçage à l’eau tiède retirent une partie des larves. Si l’animal se gratte jusqu’au sang ou perd ses poils, la consultation vétérinaire s’impose. Ne lui donnez jamais de produit prévu pour l’humain.
Quand consulter
Les boutons d’aoûtat sont bénins. Il faut pourtant demander un avis médical dans certains cas :
- fièvre associée aux démangeaisons ;
- boutons qui suintent, croûtes jaunâtres ou rougeur qui s’étend autour d’une lésion grattée ;
- gonflement du visage, des lèvres, gêne respiratoire : appelez le 15 ;
- lésions très étendues, ou persistantes au-delà de deux semaines ;
- nourrisson ou personne immunodéprimée.
Une surinfection se traite vite quand elle est prise tôt. Si vous hésitez avec une autre piqûre, comparez avec la piqûre de guêpe, qui a ses propres signes d’alerte.
Prévenir avant la prochaine promenade
La prévention repose sur trois habitudes simples.
Porter des vêtements longs et fermés quand on marche en herbe haute, avec le pantalon rentré dans les chaussettes. Appliquer un répulsif cutané adapté à l’âge sur les chevilles et le bas des jambes, en vérifiant la notice. Se doucher dès le retour, avec le gant, et secouer les vêtements avant de rentrer.
Pour les animaux, vérifiez aussi les pattes et le ventre : les aoûtats se logent entre les doigts des chiens et des chats, sous forme de petits points orange.
Sécuriser le jardin
Un jardin peut abriter des aoûtats si l’herbe reste haute et humide. Tondre court et régulièrement réduit la population, de même que ramasser feuilles mortes et tas de tontes. Évitez de vous asseoir directement sur la pelouse en fin d’été : une serviette épaisse ou un fauteuil suffit. Après le jardinage, retirez chaussettes et pantalon à l’extérieur et douchez-vous.
Combien de temps durent les boutons d’aoûtat ?
La démangeaison culmine entre un et deux jours, puis les boutons s’estompent en une à deux semaines. Le grattage ou une surinfection allongent nettement ce délai.
L’aoûtat reste-t-il sous la peau ?
Non. Il se nourrit quelques heures ou jours puis se détache. Quand les boutons apparaissent, il n’est plus là : il est inutile de le chercher ou de le « déloger ».
Les boutons d’aoûtat sont-ils contagieux ?
Non. On ne se transmet pas les boutons d’une personne à l’autre, mais deux personnes ayant marché au même endroit peuvent les avoir en même temps.
Que mettre sur les boutons d’aoûtat ?
Après une douche, une crème apaisante ou un gel frais. En cas de démangeaisons importantes, un antihistaminique ou une crème à la cortisone sur quelques jours, sur avis du pharmacien.
Peut-on attraper des aoûtats à la plage ?
Rarement sur le sable nu. Le risque se situe plutôt dans les herbes hautes du chemin d’accès, les dunes végétalisées et les pinèdes proches du rivage.
Les animaux sont-ils touchés ?
Oui. Chiens et chats portent parfois des amas orange entre les doigts, sur les oreilles ou le ventre. Ils se grattent et peuvent ramener des larves à la maison.
Au prochain retour de balade, prenez la douche avant l’apéritif, glissez les vêtements au lavage et regardez vos chevilles. Si les boutons persistent au-delà de deux semaines ou s’infectent, passez à la pharmacie ou chez votre médecin.
Anses, agence nationale de sécurité sanitaire, repères sur les acariens et la santé, consulté le 5 octobre 2026. Les durées indiquées sont des ordres de grandeur ; elles varient selon la personne.
Pharmacienne d'officine sur le golfe de Saint-Tropez, elle tient ce magazine de santé grand public. La rédaction